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Parcours

Jephan de Villiers est né le 4 avril 1940 au Chesnay, près de Versailles. Enfant, il est isolé du monde par de fréquents ennuis de santé. Dans le jardin de sa grand-mère, un marronnier complice lui fait des signes par la fenêtre... Il réalise ses premières peintures et sculptures vers l'âge de douze ans et construit sur la terre d'immenses villages de brindilles et d'écorces. Il aime le cirque, le théâtre et le mime.
En 1958, il commence une série de peintures à l'oeuf : les coquilles sont remplies de gouaches de couleurs différentes et lancées par la fenêtre sur de grands papiers noirs...

En 1960, lors de l'inauguration du couvent de la Tourette, Le Corbusier lui écrit :
"(...) âge vingt ans : tout est devant vous, dépend de vous, voir, discerner, choisir et agir et votre conscience pour juger ! (...)"
Après son service militaire comme sous-lieutenant en Algérie, il se remet à peindre.

En 1966, première exposition. Marqué par ses nombreuses visites, le dimanche après-midi, dans l'atelier reconstitué de Constantin Brancusi au musée d'Art Moderne à Paris, il entre alors dans une période de sculptures blanches filiformes qui va durer dix ans : les Structures Aquatiales.

En 1967, il s'installe à Londres. De multiples rencontres lui permettent rapidement de montrer son travail dans plusieurs galeries.

En 1968, il est le premier artiste à installer une exposition dans la cathédrale de Coventry. L'écrivain et critique d'art Max WykesJoyce, correspondant à Londres du New York Herald Tribune, qui deviendra un de ses grands amis, écrit:
"C'est une chose rare que de rencontrer un sculpteur de premier ordre, de toute intégrité et de complète authenticité... Deux de mes amis les plus intimes furent Constantin Brancusi et Ossip Zadkine, et mon professeur fut Germaine Richier ; c'est pourquoi je sais de quoi je parle, grâce à ces trois sculpteurs de génie. (…) Il vit à Londres dans la même simplicité. Je salue la cathédrale ressuscitée et le maître sculpteur qui y expose son œuvre...".

L'atelier, 18 Stanley Crescent, non loin de Portobello Road, est en sous-sol. Horace, perroquet vert au front jaune, libéré d'une oisellerie, garde les lieux en parlant l'amazonien. Il aime le plâtre et les fils électriques.

En 1969, exposition du jeu d'échecs aquatial à la galerie David Hicks à Londres, et à la galerie André Pacitti à Paris.

En 1972, une exposition est organisée par la galerie De Sphinx à Amsterdam où il rencontre le peintre bolivien Fernando Montes. Désormais, les Silences (qui annoncent peut-être les "Fragments de mémoire"), Orores, Scarabàmes, Prophètes et Totems envahissent l'atelier qui est chaque dimanche après-midi ouvert aux visiteurs.

Pendant l'été 1975 apparait un immense personnage de plâtre, debout comme un arbre avec une énorme tête, mi-homme mi-poisson.

En 1976, lors d'un voyage à Bruxelles pour l'anniversaire d'une amie, il découvre la forêt de Soignes et ramasse le premier bois qui annonce le Voyage en Arbonie. Toute la période "blanche" a été nécessaire pour parvenir à cet instant fondamental.

En 1977, il quitte Londres et s'installe à Bruxelles où il rencontre l'américaine Alexandra Monett, directrice de galerie, et Simon du Chastel, céramiste et collectionneur d'art primitif. L'atelier est en ville, sous les nuages. Papier, bois, terre, feuilles et plumes sont les matériaux désormais utilisés. Mamouche, princesse persane adoptée, joue avec les têtes en pain mais ne peut pas miauler.

En 1978, les premiers travaux de cette nouvelle période sont exposés à la galerie Alexandra Monett.

En 1980 et 1982, deux autres expositions mises en scène par Corneille Hannoset ont lieu dans la même galerie . Le musée d'Art Moderne de Bruxelles fait l'acquisition du "Chant de la terre". Dès lors, le public manifeste une adhésion qui n'ira qu'en se confirmant. Un "Fragment de mémoire" est déposé à Shanghaï.

En 1984, première exposition du "Cantique à la mémoire d'un arbre" à la ferme du Gourlî, à Tourinnes-la-Grosse, pour les Fêtes de la Saint-Martin. Jephan y reviendra souvent.

En 1985, exposition au Domaine Provincial d'Hélécine. Tchang Tchong-Jen, l'ami d'Hergé, de retour à Bruxelles, vient lui rendre visite avant de s'installer à Nogent-sur-Marne. Ils passent plusieurs journées ensemble aux environs de Paris. Tchang décide de faire son portrait. Ils se retrouvent l'été suivant au château de Corroy où une exposition a été installée dans la salle des gardes.

Dans une lettre datée du 21 juillet 1986, il lui écrit : "À l'heure où l'on s'inquiète de façon universelle de la protection et de la survie de la forêt, vous présentez une œuvre munie de ce sentiment ancien et profond que vous avez pour le bois qui révèle de façon si touchante que vous étiez, à votre manière, un précurseur... "

En 1986, il réalise les décors pour la Cantate à trois voix de Paul Claudel pour le Nouveau Théâtre de Belgique. Exposition à la galerie Hugo Godderis à Furnes. Dans le cadre du Festival de Patras en Grèce, son exposition de sculptures installée dans une église obtient un immense succès. La visite de Melina Mercouri est très émouvante. Pendant son séjour, il réalise une centaine d'écritures sur de grands livres de voyage.

En 1987, l'Espace Jephan de Villiers est créé pour deux ans par l'Autre Musée à Bruxelles.

En 1988 et 1990, il conçoit plusieurs scénographies autour de "La Chambre des Mémoires" et des "Bâtons du Vent" pour la chorégraphe Michèle Swennen.

En 1989, le "Cantique à la Mémoire d'un Arbre" est installé au musée d'Art moderne de Bruxelles. Jephan de Villiers quitte le 154 chaussée de Charleroi pour Jolymont, à Boitsfort. L'atelier est en bordure de la forêt de Soignes, sous les chênes, les hêtres et les marronniers.

En 1990, publication aux éditions de Lassa de l'ouvrage Jephan de Villiers, "l'Arbonie", textes d'Emmanuel Driant, préface de Tchang Tchong-Jen, photographies de Philippe De Gobert. La réalisation de Mille et trois souffles d'écorce ou la dernière forêt en marche prend un an. L'ensemble est montré pour la première fois à l'Autre Musée en 1991. Danielle Cillemon écrit dans Le Soir:
"La sculpture, c'est parfois beaucoup plus que la sculpture. Chez Jephan de Villiers qui assemble et construit des figures à partir de matériaux récoltés en forêt, la nostalgie des civilisations perdues est absolue, comme sa fascination pour la vie sous l'écorce. De cette double attention est née l'utopie la plus surprenante et la plus poétique qui soit, chaque élément contribuant à animer une sorte de vie processionnaire dont émane une musique puissante et grave".

De 1982 à 1992, il participe à plus d'une centaine d'expositions collectives et réalise plus d'une quarantaine d'expositions personnelles.

En 1992, exposition à la galerie Caroline Corre à Paris.
En décembre il est invité, avec le sculpteur Daniel Fauville, par le Commissariat Général aux Relations Internationales de la Communauté française à représenter la Belgique dans le cadre de la Première Biennale internationale des arts de Dakar.
La Galerie de prêt d'oeuvres d'art au château Malou à Bruxelles conçoit l'exposition Duo : Christian Dotremont - Jephan de Villiers. Quelques mois plus tard, il prend part à l'exposition inaugurale de la Fondation Européenne pour la Sculpture "Des sculpteurs et des arbres" au parc Tournay-Solvay à Boitsfort.

En 1993, participation à l'exposition Wallonie-Bruxelles à la galerie Bab Rouah à Rabat avec ses amis Camille De Taeye, Christian Rolet et Alain Winance.
En été, plusieurs sculptures importantes sont installées à l'Abbaye de Maubuisson et à l'hôtel de ville de Saint-Ouen-l'Aumône.
En novembre, des centaines de visiteurs montent à pied dans la neige vers l'ancienne école Saint-Charles de Nodebais pour visiter l'exposition installée pour les XXVIIIes Fêtes de la Saint-Martin.

En 1994, exposition à la galerie Lavignes-Bastille à Paris. Harry Bellet écrit dans Le Monde:
"Organisés en processions, ou regroupés en d'étranges convois funéraires, ils pleurent la disparition des grands arbres. L'exposition procure un poignant sentiment de retour aux sources... ".
Première rencontre avec Claude Roffat. Exposition au musée des Beaux-Arts de Mons.

En 1995, exposition "in vitro" avec Camille De Taeye à la Vénerie, à Bruxelles.
Nombreuses expositions collectives. Création de la Fondation Jephan de Villiers
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En 1996, exposition au Centre d'Art et de Plaisanterie de Montbéliard et à la galerie Béatrice Soulié à Paris, qui publient ensemble l'ouvrage "Fragments de Mémoire". Apparition des premiers ours. Exposition "Outre-terre" au CIRCA à Montréal organisée par la Vénerie.

Dans un article intitulé "Le pouvoir d'engendrer une civilisation" paru dans la revue Etc. Montréal, Elisabeth Recurt écrit :
"Jephan de Villiers respecte à ce point la source de son travail qu'il va parfois jusqu'à replacer dans le coeur d'un tronc entaillé une de ces figurines, ou à enfouir au creux de la terre humide un de ces objets témoins. Signe d'acceptation du passage du temps malgré les efforts de résurrection opérés... Il rend ainsi à la nature ce qui lui a permis de continuer son exploration, acceptant la perte. Le symbolisme de cet échange reste une expérience privilégiée du sculpteur, comme le sont ses gestes pour marquer un passage dans chaque haut lieu spirituel de la planète, en y laissant un "Fragment de Mémoire...".
Les visiteurs de l'Art en Campagne, art contemporain 1969-1990 découvrent Mille et trois souffles d'écorce ou la dernière forêt en marche à Saint-Hubert.

En 1998, participation à l'exposition Tournez la page à la Vénerie à Bruxelles et à l'exposition "Le rêve est dans la boîte" au musée Labenche d'art et d'histoire à Brive-la-Gaillarde.
En juillet, il retrouve son ami Costas Tsoclis sur l'île de Tinos pour participer à la création de l'Académie Cycladique pour l'Europe.
Les 19 et 20 septembre, ouverture au public de la Fondation Jephan de Villiers à Jolymont dans le cadre des journées du patrimoine.
Exposition "Autour de Jephan de Villiers, des enfants et des arbres" à la galerie Béatrice Soulié à Paris.

En 1999, exposition "Petites figures ailées en plein minuit" à la galerie Béatrice Soulié.
Participation à l'exposition "Les amours de Midas" à la galerie Quadri à Bruxelles.
L'Ecole Européenne de Bruxelles adopte la sculpture "Les âmes-oiseaux" pour ses quarante ans.
A la demande de la Commision Artistique des Infrastructures de Déplacement (C.A.I.D.) il réalise plusieurs projets de sculptures monumentales pour la station de métro Albert à Bruxelles.
Publication de "Mots dans le Vent, entre Tinos et Noirmoutier, été 1994" dans la Collection Mémoires dirigée par Eric Coisel.
Participation à "La nuit de l'imaginaire" à l'abbaye de Villers-la-Ville.
Publication aux éditions Le Bateau Fou (galerie Roseline Koener) de l'ouvrage "Les ours", gardiens du peuple d'Arbonie (texte de Caroline Lamarche).
Une dizaine de travaux récents sont installés dans l'exposition "Mise en boîte" organisée par la ville de Dieppe.
Exposition personnelle à la galerie Roseline Koener, Westhampton Beach, New York.
Les visiteurs de l'exposition "Animal" au Musée Bourdelle à Paris découvrent "Les bestioles ou bestiaire pour un enfant-roi" et "L'ours et le papillon".

En 2000, participation à l'exposition "Messagers de la terre" à l'Espace d'art contemporain, Lycée agricole Xavier Bernard à Rouillé en France.
Plusieurs expositions personnelles à Bruxelles organisées par la galerie Pierre Hallet et la commune de Watermael-Boitsfort.

Des fragments de mémoire ont été déposés : aux sources du Gange à Gaummuk, en Chine, en Amazonie, en Grèce, au Sénégal, au Maroc dans le Haut-Atlas, en Belgique, en France, en Bosnie, au Kosovo, au Népal, en terre Inuit, à Chingetti au Sahara mauritanien, en Martinique et aux États-Unis.

En 2002, du 28 janvier au 28 juillet plus d'une centaine de sculptures sont exposés à la Halle Saint Pierre - la scénographie est de Françoise Vouez.
Sur l'invitation de son ami Claude Roffat (créateur et éditeur de l'œuf sauvage) quelques pièces récentes prennent place dans l'exposition “l'œil à l'état sauvage” à la galerie Berlioz à Sausset-les-pins près de Marseilles.
En septembre, la petite chapelle XVIIième du castel Saint Pierre à Beauraing accueille une petite partie de l'exposition de la Halle Saint Pierre.
Lors du festival du cinéma belge, le Lincoln center de New York accueille quelques pièces réalisées à Westhampton.
En octobre la galerie Béatrice Soulié et Jephan de Villiers se retrouvent au Carrousel du Louvre de le cadre de Art Paris.
Les 23 et 24 novembre, la fondation ouvre ses portes à plus de deux mille visiteurs. C'est "Bruxelles ma découverte : Watermael-Boitsfort". A quelques pas de là, le Nouveau Théâtre du Méridien présente quelques pièces récentes sur ses murs de briques rouges.